Aidants familiaux : toutes les aides et soutiens à connaître

En tant que proche aidant, vous pouvez vous sentir perdu, abandonné, voire totalement désemparé face à la charge mentale qu’engendre votre rôle. Que vous accompagnez un proche en situation de handicap, atteint d’une affection grave ou en perte d’autonomie, vous aussi, vous avez droit à de l’aide. Aide logistique, financière ou tout simplement soutien ou temps de répit, de nombreux dispositifs d’aide existent. Découvrez ceux auxquels vous avez droit et les conditions d’obtention selon votre situation.
Les aides financières pour les aidants familiaux
L’aide financière pour les aidants familiaux vous permet d’envisager de réduire voire de cesser votre activité professionnelle pour vous occuper de votre proche. Les montants et conditions varient selon votre situation et celle du proche aidé. Voici les principales aides à connaitre ainsi que leurs caractéristiques et conditions d'accès.
AJPA (allocation journalière du proche aidant)
Caractéristiques :
- Elle s’adresse aux aidants en activité ou bénéficiaires d’indemnisations par France Travail.
- Elle est versée et gérée par la CAF ou la MSA (selon le régime d’affiliation).
- Le montant est de 65,80 €/jour ou 32,90 €/demi-journée, maximum 22 jours par mois pendant 66 jours.
Conditions :
- Entretenir un lien étroit avec la personne aidée.
- Résider en France de façon régulière.
- Réduire ou cesser son activité professionnelle pour s’occuper de son proche.
APA (allocation personnalisée d’autonomie)
Caractéristiques :
- Elle est allouée par le conseil départemental sous certaines conditions aux personnes âgées de plus de 60 ans en perte d’autonomie.
Conditions :
- L’aidant familial peut en bénéficier s’il devient employé à domicile de la personne aidée.
- Le proche aidé devra déclarer l’aidant familial comme salarié via le CESU déclaratif.
PCH (prestation de compensation du handicap)
Caractéristiques :
- Elle est versée par le conseil départemental aux personnes en situation de handicap dont l’état de santé nécessite une aide dans la réalisation des tâches de la vie quotidienne.
Conditions :
- Un aidant familial peut être dédommagé grâce à cette aide, à hauteur de 7,16 €/h maximum s’il réduit ou suspend son activité professionnelle. Dans le cas contraire, le montant est de 4,78 €/h maximum.
L’APA et la PCH ne sont pas des aides financières directement versées aux aidants familiaux. Elles sont attribuées au proche aidé qui peut les utiliser pour rémunérer ou dédommager l’aidant familial pour l’aide apportée.
Les solutions de répit pour les aidants familiaux
Outre l’aide financière, il existe des solutions pour aider les aidants familiaux à garder le cap et prendre du recul quand c’est nécessaire. Droit au répit, accueil temporaire du proche aidé en structure, relayage par des organismes compétents, on vous explique.
Le droit au répit
Le droit au répit est encadré par le décret du 19 août 2025. Il permet aux aidants familiaux de bénéficier d’une aide humaine pour s’octroyer des temps de repos. En effet, lorsque vous aidez au quotidien un proche atteint d’une affection grave, en situation de handicap ou en perte d’autonomie, vous pouvez demander un congé de proche aidant (CPA) à votre employeur. Durant cette période, vous ne percevez pas votre salaire et ne bénéficiez pas des congés payés.
Aussi, le droit au répit permet de compenser cette perte de repos pourtant indispensable pour votre santé physique et psychologique.
L’accueil temporaire
Le droit au répit peut se traduire par l’hébergement temporaire de la personne aidée en structure spécialisée ou en accueil familial. Cette mesure permet d’assurer la continuité de l’accompagnement du proche aidé par des personnes compétentes. Pour les aidants familiaux, c’est l’assurance de pouvoir prendre du repos l’esprit tranquille et sans culpabiliser.
Les conditions de l’hébergement temporaire :
- ponctuel ou régulier ;
- en EHPAD, en accueil familial, en résidence autonomie ou service ;
- finançable par l’APA (+ majoration possible de 583,52 € par an maximum), l’ASH (aide sociale à l’hébergement) ;
- sur demande auprès de l’EHPAD en déposant un dossier d’admission.
Le relayage
Vous pouvez aussi recevoir de l’aide au quotidien dans l’accompagnement de votre proche grâce à différents dispositifs :
- Le baluchonnage : il consiste à faire venir un ou plusieurs professionnels (appelés les “baluchonneurs”) issus de structures spécialisées partenaires au domicile de la personne aidée. Sa mission est de relayer l’aidant 24/24h jusqu’à 6 jours consécutifs. Au-delà, un deuxième baluchonneur prendra le relais.
- Le répit à domicile qui permet l’intervention de professionnels (sociétés de services ou d’aide à domicile) pour soulager l’aidant familial.
- L’aide à domicile de nuit pour assurer le lever et le coucher et ainsi soulager l’aidant dans les gestes du quotidien.
À qui demander de l'aide au répit quand on est aidant ?
Il n’est pas toujours facile de savoir à qui s’adresser quand on a besoin de répit en tant qu’aidant familial. On fait le point pour vous :
- La MDPH de votre département en cas d’accompagnement d’une personne en situation de handicap ;
- Le CCAS (centre communal d’actions sociales) de votre commune ;
- Le Clic (centre local d'information et de coordination gérontologique) ;
Les plateformes d’accompagnement et de répit (PFR) référencées sur le territoire. Trouvez la PFR de votre département !
Le soutien moral et les réseaux d’accompagnement
Des relais notamment associatifs existent pour vous accompagner dans votre quotidien
Ils offrent des espaces d’écoute, de conseil et d’orientation, adaptés aux besoins des aidants
Vous pouvez vous rapprocher d’associations comme France Alzheimer, le programme A2Pa de France Parkinson, ou encore l’association française des aidants. Il existe aussi, localement, des associations de proximité qui proposent des animations, des sorties, des activités dédiées aux aidants familiaux pour leur permettre de se reposer, d’échanger ou tout simplement d’être écoutés.d
Aider un proche demande beaucoup d’engagement, d’énergie et d’organisation. Parfois, le simple fait de pouvoir en parler, c’est déjà se faire aider.
Enfin, les aidants familiaux de personnes en situation de handicap peuvent contacter la plateforme nationale d’aide aux aidants au 0 800 360 360 (numéro vert).




